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Chez Brownfields, l’ESG fait partie de l’ADN de l’entreprise.

Entretien

Analyste ESG et fondatrice du cabinet de conseil Albacombee, Sylvie Combe accompagne Brownfields depuis près de cinq ans dans le déploiement et le suivi de sa stratégie environnementale, sociale et de gouvernance. Son rôle : mesurer les engagements pris, évaluer les résultats et garantir la fiabilité des informations communiquées aux investisseurs. Elle nous explique comment Brownfields fait de l’ESG une composante à part entière de son modèle économique et de son organisation.

Sylvie Combe

Quel est votre rôle en tant qu’analyste ESG auprès de Brownfields ?

Sylvie Combe : Mon rôle consiste à accompagner Brownfields dans la mise en œuvre de sa feuille de route ESG, à collecter et consolider les indicateurs de performance extra-financière, à rédiger le rapport ESG annuel et à répondre aux sollicitations des investisseurs. Je veille également à la conformité des informations publiées avec les exigences réglementaires, notamment celles du règlement européen SFDR, qui encadre la publication des informations de durabilité dans le secteur financier.

J'interviens aussi dans le suivi des engagements propres à chaque fonds. Par exemple, le fonds Foncière des Générations, dont le label ISR vient d'être renouvelé pour trois ans, fait l'objet d'un suivi de 25 critères ESG. Les fonds à impact de Brownfields, quant à eux, sont assortis d'objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance qui doivent être suivis tout au long de leur durée de vie.

Ce travail permet de mesurer concrètement les résultats obtenus. Pour le fonds BF3, par exemple, les trois objectifs ESG ont été atteints en 2025, dont deux ont même été largement dépassés.

Qu'est-ce qui distingue l'approche ESG de Brownfields ?

S. C. : Sa principale particularité est d'avoir intégré l'ESG à tous les niveaux opérationnels de l'entreprise. Dans beaucoup d'organisations, ces sujets sont pilotés par une équipe spécialisée, parfois assez éloignée des opérations. Chez Brownfields, ce sont les responsables de programmes eux-mêmes qui assurent le suivi et le pilotage des indicateurs ESG de leurs projets, avec l'appui de la direction 3D (ndlr : Désamiantage-Démolition-Dépollution) pour les aspects environnementaux et techniques.

C'est une différence fondamentale. L'ESG n'est pas une contrainte supplémentaire imposée par une fonction support : il fait partie du travail quotidien des équipes. Dès l'origine d'un projet, les responsables de programmes réalisent une analyse des risques et des opportunités ESG. Ces éléments sont ensuite pris en compte par le comité d'investissement, au même titre que les critères financiers.

Cette organisation traduit une véritable appropriation des enjeux de durabilité. Elle est renforcée par une formation ESG annuelle, dispensées à l'ensemble des équipes depuis quatre ans.

On dit souvent que l'ESG est inscrit dans l'ADN de Brownfields. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

S. C. : C'est une réalité qui tient d'abord à la nature même de son activité. Le métier historique de Brownfields consiste à transformer des friches industrielles et urbaines pour leur donner une nouvelle vie. En réutilisant des terrains déjà artificialisés, en dépolluant les sols lorsque cela est nécessaire, en déconstruisant ou en réhabilitant des bâtiments existants, l'entreprise contribue directement à la lutte contre l'artificialisation des sols et à la préservation des espaces naturels.

Cette vocation environnementale se traduit d'ailleurs dans les critères de sélection des investissements. Brownfields exclut les projets qui reposeraient sur l'artificialisation d'espaces naturels, agricoles ou forestiers. Les opérations doivent s'inscrire dans une logique de transformation de sites déjà artificialisés.

Mais cet ADN ESG ne se limite pas à l'environnement. Il comporte également une dimension sociale, à travers la production de logements sociaux et abordables, le développement de résidences gérées pour loger des populations plus fragiles comme les étudiants ou les seniors ou la création d'emplois dans les zones d'activité. 

La gouvernance est tout aussi essentielle, et notamment cette culture du dialogue et de l’écoute qui se retrouve dans les relations avec les collectivités locales, les industriels, les administrations et l’ensemble des parties prenantes. Elle constitue également un véritable atout pour faire avancer des opérations complexes, qui exigent de concilier des intérêts parfois différents.

Comment ces engagements se traduisent-ils en indicateurs mesurables ?

S. C. : Les indicateurs sont directement liés aux métiers et aux impacts des opérations de Brownfields. Sur le plan environnemental, nous suivons notamment la dépollution des terres, le désamiantage, la désartificialisation des terres, la renaturation qui permet le retour de la biodiversité, les émissions carbone évitées ou encore le recyclage des matériaux issus de la déconstruction.

Sur le volet social, nous mesurons par exemple la part de logements sociaux, intermédiaires ou abordables, ainsi que la contribution des projets à la création d'emplois. Pour les résidences gérées, nous nous intéressons également à la sécurité et au confort des occupants ainsi qu’aux services qui leur sont proposés.

Enfin, les critères de gouvernance permettent notamment de suivre la qualité des relations avec les parties prenantes, à travers les réunions publiques, les échanges avec les collectivités ou les engagements demandés aux prestataires et partenaires.

L'important est que ces indicateurs ne soient pas simplement déclaratifs. Ils correspondent à des objectifs précis, dont nous suivons l'évolution année après année.

La transformation de bureaux en logements est devenue un axe de développement important pour Brownfields. Quel est son intérêt du point de vue ESG ?

S. C. : C'est un excellent exemple de la manière dont le savoir-faire immobilier de Brownfields peut contribuer à la transition environnementale. Transformer des bureaux obsolètes en logements permet de réutiliser tout ou partie de la structure existante donc d'éviter les émissions de carbone associées à la construction d'un bâtiment entièrement neuf. C'est également une manière de redonner une utilité à des actifs devenus inadaptés, sans consommer de nouveaux espaces naturels.

Plus largement, la localisation des opérations joue un rôle essentiel. En intervenant sur des friches urbaines, souvent proches des transports en commun, Brownfields favorise une ville plus compacte et contribue à limiter les déplacements automobiles. La densification et la réutilisation du foncier existant constituent ainsi deux leviers complémentaires de réduction des impacts environnementaux.

Au-delà de la réduction des impacts, comment Brownfields anticipe-t-il les conséquences du changement climatique ?

S. C. : C'est un enjeu qui prend une importance croissante. Il ne suffit plus de concevoir des bâtiments moins émetteurs de carbone : il faut également s'assurer qu'ils resteront adaptés aux conditions climatiques des prochaines décennies.

Brownfields possède un véritable savoir-faire dans ce domaine, notamment parce que l'entreprise associe les compétences d'une société de gestion à celles d'un maître d'ouvrage. Les équipes connaissent les contraintes techniques des sites et s'appuient sur des études approfondies pour anticiper les risques d'inondation, de sécheresse, de tempête ou de fortes chaleurs.

On peut citer deux exemples particulièrement parlants. À Vitry-sur-Seine, un projet de construction de data center prévoit un bâtiment sur pilotis pour permettre le passage de l'eau en cas de crue. À Vernouillet, dans un parc d'activités situé en bord de Seine, des espaces sont réservés pour permettre l'expansion des eaux en période d'inondation. Ces solutions illustrent une approche pragmatique de l'adaptation climatique : comprendre les vulnérabilités d'un site dès l'amont et intégrer les réponses appropriées dans la conception du projet.

En tant que consultante extérieure, qu'appréciez-vous particulièrement dans votre collaboration avec Brownfields ?

S. C. : Brownfields est avant tout une entreprise d'ingénieurs, avec une véritable culture de la mesure et de la preuve. Or, c'est précisément ce dont nous avons besoin en ESG : des données fiables, documentées et vérifiables.

Les responsables de programmes ont l'habitude de formaliser les différentes étapes de leurs opérations. Les informations existent, elles sont organisées et les équipes comprennent pourquoi il est important de les collecter. Lorsque je sollicite un collaborateur, j'obtiens généralement une réponse rapide et précise. C'est très appréciable et cela rend notre travail particulièrement efficace.

J'apprécie aussi la qualité des relations humaines. Chacun respecte l'expertise de l'autre et, bien que je sois consultante extérieure, j'ai réellement le sentiment de faire partie de l'équipe.

Ce qui me frappe surtout, c'est que l'engagement ESG se retrouve à tous les niveaux de l'organisation. Il ne s'agit pas seulement d'une stratégie affichée par la direction, mais d'une conviction partagée et traduite en actes. Chez Brownfields, l'ESG fait partie de l'ADN de l'entreprise, et cela se ressent au quotidien.

Avant de fonder son cabinet de conseil Albacombee, Sylvie Combe a passé une vingtaine d'années dans le secteur du BTP, notamment chez Lafarge, où elle a exercé des responsabilités commerciales et marketing, puis des fonctions de direction en communication, affaires publiques et RSE pendant dix ans. Depuis six ans, elle dirige Albacombee, un cabinet de conseil et organisme de formation qui accompagne les entreprises dans la définition et le déploiement de leur stratégie RSE et ESG.