Une figure historique de Cergy-Préfecture
Signée par Renzo Moro, la tour fait partie du paysage. Construite en 1974 pour EDF-GDF, face à l’Hôtel d’Agglomération, elle a accompagné l’histoire du quartier de Cergy-Préfecture et plus largement celle de la ville nouvelle. Avec ses 85 mètres de hauteur, elle s’est imposée comme l’un des marqueurs les plus visibles du Grand Centre. Depuis 2015, date du départ des derniers agents, elle était vide et sans usage.
Un projet au cœur de la transformation de Cergy Grand Centre
L’opération s’inscrit dans la dynamique de la ZAC Grand Centre et dans la transformation du pôle gare de Cergy-Préfecture. Extension de la gare, reconfiguration du parvis, amélioration de l’accès à la dalle, future gare routière, espaces paysagers, piste cyclable : tout le secteur est en train de changer de visage. La tour prend place dans ce mouvement plus large de requalification du cœur d’agglomération.
L’emplacement est stratégique. À deux minutes à pied de la gare RER, au sein du campus international, le site se trouve au contact direct de l’un des plus grands pôles étudiants d’Île-de-France. Cergy accueille aujourd’hui près de 30 000 étudiants, un chiffre appelé à croître dans les prochaines années. Transformer une tour de bureaux vide en résidence étudiante répond donc à un besoin concret du territoire.
Une nouvelle vie mixte : étudiants, bureaux et commerces
Le projet porté par Brownfields et Linkcity repose sur la restructuration lourde de l’édifice. La partie réhabilitée accueillera une résidence étudiante de 240 lits, ainsi que des surfaces de bureaux et de commerces conservées et requalifiées. Le rez-de-chaussée sera dédié à des activités tertiaires et commerciales afin de renforcer l’offre de services du cœur d’agglomération. L’implantation d’une école d’enseignement supérieur est également à l’étude.
À cette intervention sur la tour s’ajoute un bâtiment neuf au sud, qui comprendra restaurants, commerces, tiers-lieu et bureaux sur deux niveaux. L’objectif n’est donc pas seulement de réemployer un immeuble vacant, mais de recréer un ensemble mixte, actif et connecté à son environnement immédiat.
Brownfields compte s’impliquer dans cette nouvelle dynamique puisque la résidence étudiante a été acquise par la Foncière des Générations, labellisée ISR, dont le portefeuille se concentre sur la détention de résidences services. Elle sera exploitée par Magora, acteur majeur de l’immobilier géré.
Le défi technique : sortir de l’IGH
C’est toute la singularité de cette opération. La tour actuelle est classée immeuble de grande hauteur (IGH). Or ce statut, très exigeant sur le plan réglementaire et très coûteux à exploiter, n’est pas adapté à une reconversion en résidence étudiante. Pour permettre le déclassement du bâtiment en habitation de 4e famille, le projet prévoit donc un geste fort : l’écrêtage de quatre étages, afin de ramener la tour sous le seuil des 50 mètres.
Cette opération est loin d’être anodine. Il ne s’agit pas seulement de réduire la hauteur, mais de préserver la présence architecturale du bâtiment dans le Skyline de Cergy. Le projet de l’architecte Pablo Katz conserve ainsi les murs-rideaux, retravaille les façades avec des bandeaux menuisés et un bardage métallique, et compose une nouvelle silhouette en toiture.
Une forêt urbaine pour coiffer la tour
Pour compenser la hauteur perdue et préserver les proportions du bâtiment, le projet prévoit un dispositif paysager spectaculaire : une forêt urbaine en toiture. Les arbres viendront coiffer l’édifice afin d’en prolonger visuellement l’élancement. Plus qu’un simple aménagement paysager, cette toiture-jardin devient un élément structurant du projet, à la fois architectural, environnemental et symbolique. Elle joue aussi un rôle technique : le poids des jardinières contribue à restituer une partie de la charge supprimée avec l’écrêtage des niveaux supérieurs, afin de préserver l’équilibre structurel. Cette précaution est d’autant plus importante que la tour est conçue sur un principe d’une structure métallique suspendue à un noyau central en béton armé.
Si la forêt en toiture est l’élément le plus emblématique du projet, la nature s’invite également en rez-de-chaussée, contribuant à la végétalisation de la dalle, jusqu’ici totalement minérale. Au total, 1500 m2 de terrasses seront plantées. Un nouvel exemple concret de la mission de Brownfields : renaturer la ville en transformant des sites obsolètes en projets immobiliers équilibrés.
Désamianter, déconstruire, reconstruire
Le chantier s’ouvre sur une phase lourde de curage, de désamiantage et de déconstruction sélective. C’est une étape incontournable, mais aussi une démonstration du savoir-faire nécessaire pour transformer des actifs complexes plutôt que repartir de zéro. Brownfields intervient ici sur un actif qui concentre toutes les difficultés : grande hauteur, structure complexe, changement d’usage, déclassement réglementaire et insertion dans une vaste opération urbaine. C’est précisément dans ce type de transformation que l’expertise du groupe prend tout son sens.
Un nouveau repère pour Cergy
À terme, la tour Engie ne sera plus un ancien siège vide visible de loin, mais un lieu habité, utile et fréquenté au quotidien. Étudiants, salariés, usagers de la gare, commerçants : le bâtiment retrouvera une intensité d’usage au cœur même de Cergy-Préfecture. La livraison de la résidence étudiante est prévue en août 2028.